Allégations : quelles perspectives d’innovation ?

Depuis le 14 décembre dernier, une liste d’allégations autorisées a pris effet impliquant un véritable remaniement des claims sur les packagings des produits alimentaires. Quelles sont désormais les allégations autorisées ? Comment les industriels vont-ils faire face à ces nouvelles contraintes ? Eric Chappuis, Directeur Adjoint Consulting chez Naturalpha, nous éclaire…

Pouvez-vous nous présenter les grands jalons qui ont marqué la mise en place de ce règlement et quelles sont les prochaines échéances ?

On peut dire que le parcours aura été particulièrement laborieux, et que très probablement, de nouveaux rebondissements restent encore à venir à court et moyen terme.
En effet, les toutes premières bases de cette réglementation ont vu le jour au début des années 2000 pour finalement aboutir à un texte réglementaire fin 2006.
Depuis cette date, les allégations nutritionnelles doivent être conformes à ce règlement.
Pour les allégations de santé, certaines décisions sont entrées en vigueur progressivement entre 2007 et aujourd’hui (allégations articles 13.5 et 14). Elles ont été autorisées ou rejetées pour certaines d’entre elles. Par contre, pour les allégations génériques de santé (article 13.1), il aura fallu attendre jusqu’en 2012 pour que l’EFSA établisse une liste positive d’allégations utilisables sous réserve de certaines règles de composition des produits. De plus, il existe toujours aujourd’hui un statu quo pour les substances à base de plantes, dont le cadre réglementaire doit encore être clarifié et dont les allégations santé qui y sont associées. Même si elles n’ont pas été autorisées par la Commission, elles continuent d’être tolérées sur le marché.

Combien d’allégations ont été autorisées ?

Au total, la Commission autorise aujourd’hui 241 allégations santé, portant sur certaines fonctions physiologiques, la santé de l’enfant ou la réduction du risque de maladies. Certaines allégations ayant reçu un avis favorable de l’EFSA sont encore en discussion au niveau de la Commission, car leur autorisation sur le marché pourrait poser des problèmes de santé publique. Or, ceci va bien évidemment à l’opposé d’un des objectifs initiaux du règlement, à savoir protéger le consommateur.

De manière générale, quelles sont les allégations autorisées ? Quelles sont celles qui ont été refusées ? Quels sont les axes santé les plus touchés ?

Les allégations autorisées, notamment dans le cadre des allégations évaluées sous l’article 13.1,  portent principalement sur les fonctions des vitamines et minéraux dans l’organisme. Les effets santé associés sont variés, allant de la santé cardiovasculaire à l’immunité, en passant par la formation du collagène.
A noter que les fibres ont également un nombre certain d’allégations validées, à la fois pour des allégations de santé mais aussi des allégations de réduction de risque de maladies.
Par contre, de nombreuses catégories d’ingrédients n’ont pas encore réussi à passer le cap de l’allégation, comme les probiotiques et beaucoup d’extraits de plantes.

Qui est concerné ?

Ce règlement concerne avant tout les produits destinés au consommateur final, c’est-à-dire les aliments, boissons et compléments alimentaires.
Néanmoins, dans certains Etats membres, il pourrait aussi concerner la communication à destination des professionnels de santé ainsi que la communication entre professionnels du secteur.

Quelles conséquences ce règlement engendre-t-il auprès des industriels ?

Au travers de nos nombreux contacts avec les industriels du secteur, nous avons pu constater chez Naturalpha que ce règlement a surtout eu pour conséquence de les obliger à repenser leurs approches de communication autour des concepts relatifs à la santé. D’un côté, il limite les possibilités de communiquer à tort et à travers sur les emballages et publicités des produits, et limite ainsi l’innovation qui ne serait que faiblement supportée par la science. D’un autre côté, il pousse également certains d’entre eux à adopter une démarche de recherche plus pragmatique et scientifique visant à prouver les effets de leurs produits ou ingrédients afin d’obtenir une allégation validée.

Peut-on encore innover ? et comment ?

Bien sûr ! La mise en oeuvre de ce règlement pousse au contraire à innover encore davantage mais il faut le faire différemment. Il est important de considérer qu’aujourd’hui seule une toute petite part du potentiel santé des ingrédients et aliments a pu être explorée et étayée par la science, et qu’il reste ainsi de nombreuses voies à ouvrir. De plus, de nombreux outils de validation des effets santé, spécifiques à des approches préventives et nutritionnelles, sont en cours de développement et viendront à terme élargir les possibilités d’alléguer sur de nouveaux effets santé.
La manière d’innover est néanmoins différente aujourd’hui et il est nécessaire d’intégrer beaucoup plus de dimensions dès la définition du projet de départ que ce qui se faisait auparavant. Ainsi, Naturalpha travaille avec ses clients pour concilier leurs propres attentes avec celles des consommateurs. Nous intégrons dès l’origine du projet, à la fois la science, les études cliniques et la réglementation, et ce, dans plusieurs zones géographiques pour mutualiser les efforts d’investissement en temps et en moyens financiers.

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