L’agroalimentaire de demain : enjeux et relais de croissance

Les enjeux de l’industrie alimentaire en France

Le 25 novembre à Arras se tenait le colloque « L’agroalimentaire de demain » organisé par le Pôle NSL, le Certia Interface et le Pôle Agroé. A cette occasion, Pierre Feillet, Ingénieur agronome, membre de l’Académie des technologies, a présenté sa vision de l’industrie alimentaire.

Etat des lieux

En France, le secteur alimentaire compte 12 000 entreprises, dont 98 % de PME. Le chiffre d’affaires de ce secteur est de 160,5 milliards d’euros. La France n’est plus que le cinquième exportateur mondial, derrière notamment l’Allemagne et les Etats-Unis, ce qui marque un déclin dans la compétition internationale. L’alimentaire reste toutefois un grand marché. En effet, 75 à 80 % de ce que nous mangeons a été transformé par des industries sur le territoire. Par ailleurs, la valeur se situe aujourd’hui davantage dans le commerce et les services que dans les produits agricoles ou transformés.

Faiblesses

L’outil de production, qui doit être modernisé, notamment du point de vue de la consommation énergétique, constitue la première faiblesse du secteur. Des concertations doivent être menées autour de l’usine sobre. Autre grand défi pour l’avenir : l’internationalisation des petites entreprises qui ont du mal à exporter. La puissance de la grande distribution est aussi un inconvénient, puisque 70 % des dépenses alimentaires se font en grandes surfaces et que quatre acteurs se partagent 80 % du marché, provoquant une guerre des prix. La volatilité des matières premières et l’importance des charges sociales constituent aussi des fragilités.

Forces

La puissance de l’agriculture reste pour l’instant un atout, mais l’avenir de ce secteur est incertain. La France bénéficie aussi de la bonne réputation de son modèle alimentaire et de sa gastronomie. Enfin, nous disposons de marges de progrès importantes, sans oublier que les réglementations sont souvent sources d’avancées.

Enjeux

Il est nécessaire de redonner confiance au consommateur en mettant l’accent sur la dimension naturelle et traditionnelle des aliments. Il faut optimiser les formulations (plaisir, valeur santé, facilité), concevoir des usines durablement productives. Sur le plan international, il faut exporter l’image de la gastronomie française en adaptant les produits aux demandes locales. L’industrie alimentaire est un secteur plein d’avenir, puisque d’une part, le monde s’urbanise et que les villes doivent être nourries, et d’autre part les classes moyennes sont de plus en plus nombreuses.

Quels relais de croissance pour la filière agroalimentaire ?

Dans un contexte difficile et incertain caractérisé par une croissance faible, une diminution de la rentabilité, des marges de plus en plus réduites et un manque de confiance sur le marché français, la filière agro-alimentaire peut miser sur trois piliers pour sa croissance : l’international, le digital et le premium.
Voici plus en détail ce que nous révèle l’étude publiée lors du SIAL par le cabinet Olivier Wyman qui a interrogé plus de 40 sociétés françaises de la filière agroalimentaire.

Se développer à l’international

A défaut d’opportunités de croissance en France, les entreprises doivent se tourner vers l’international pour trouver de marchés porteurs. En première place : le Brésil, la Chine et la Russie sont ciblés par les grandes entreprises et les ETI ; alors que les PME s’intéressent au marché européen. Si l’on regarde les leaders du marché, c’est en Asie qu’ils investissent et notamment pour les filières viande, poisson, ingrédients, boissons et épicerie.

Miser sur le Premium

Les produits du terroir et de qualité premium sont considérés comme source de croissance par 79 % des personnes interrogées. Le bas de gamme est moins plébiscité : seuls 13% le voient comme un relais de croissance.

Se mettre au digital

Se rapprocher du consommateur devient un facteur clé pour la croissance car il répond à une réelle attente du client final : transparence, renforcement de la traçabilité, sentiment d’appartenance…
64 % des acteurs interrogés envisagent de développer l’e-commerce et les services digitaux.

Optimiser les coûts opérationnels

Les freins identifiés par les acteurs de la filière sont multiples : manque de flexibilité du droit du travail (83 % des répondants), poids de la grande distribution (45 %), relation passive avec les autorités publiques (39 %), …
De là, apparait la nécessité d’optimiser les coûts tout en travaillant sur des leviers de croissance des revenus. Pour cela, 90 % des répondants souhaitent s’attaquer à la gestion du risque et des achats liés aux matières premières et à l’accélération de l’innovation produits (85 %) pour améliorer le temps de mise sur le marché.

Source : LSA « Les 3 piliers de la croissance de la filière agro-alimentaire française » Yves Puget 21.10.2014 – http://www.lsa-conso.fr/les-3-piliers-de-la-croissance-de-la-filiere-agro-alimentaire-francaise,188965#xtor=EPR-2

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