Obésité : un anticorps responsable de la prise alimentaire

Une équipe de recherche française à l’origine de cette découverte

A l’échelle mondiale, le nombre de personnes obèses a doublé depuis 1980 pour atteindre le chiffre 500 millions de personnes en 2008. En France, 6,5 millions de personnes sont considérées comme obèses soit près de 15 % de la population. Cependant, les mécanismes liés à cette maladie ne sont pas encore totalement connus.

Les personnes souffrant d’obésité sont pour la plupart victimes d’une hyperphagie. En principe, l’hypothalamus permet d’adapter la prise alimentaire en fonction des réserves et des besoins. Chez les personnes obèses, ce mécanisme est déréglé, ce qui les pousse à manger en excès par rapport à leurs besoins.

L’étude menée par Sergueï Fetissov et l’équipe de l’unité mixte de recherche 1073 “Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau” (Inserm/Université de Rouen) dirigée par Pierre Déchelotte, en partenariat avec l’équipe du Professeur Akio Inui de l’Université de Kagoshima (Japon), révèle le mécanisme moléculaire de cette hyperphagie paradoxale.
Les chercheurs ont mis en évidence dans le sang des patients obèses la présence d’immunoglobulines qui reconnaissent la ghréline et modulent l’appétit.
En se liant à la ghréline, les immunoglobulines empêchent l’hormone de la faim de se dégrader ce qui permet à la ghréline d’agir plus longuement sur le cerveau et de stimuler l’appétit.

“Les immunoglobulines ont des propriétés différentes chez les patients obèses, explique Sergueï Fetissov, chercheur au sein de l’unité Inserm de Rouen et principal auteur de l’étude. Elles ont une « attirance » plus forte pour la ghréline que celle observée chez des sujets de poids normal ou chez des patients anorexiques. C’est cette différence en « affinité » qui permet aux immunoglobulines de transporter plus de ghréline vers le cerveau et renforcer son action stimulante sur la prise alimentaire”, poursuit-il.

Ce mécanisme a été confirmé par une double expérience (in vitro et dans un modèle expérimental chez l’animal).
Les prochaines pistes de recherche pourraient donc concerner le contrôle et la régulation des anticorps identifiés afin de réguler les taux de ghréline et permettre aux personnes obèses de diminuer leur prise alimentaire.

Source :
« Anti-ghrelin immunoglobulins modulate ghrelin stability and its orexigenic effect in obese mice and humans » Nature Communications. 08/08/2013

http://www.nature.com/ncomms/2013/131025/ncomms3685/full/ncomms3685.html

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